Le camouflage est une notion qui semble nous être familière :
on l'associe d'emblée au camouflage militaire et animal. Pourtant, il
ne se limite pas à ces deux sphères : différents types
de camouflages, aux multiples fonctions, tissent également les relations
entre les êtres humains.
Ainsi, dissimulons-nous une partie de nous-mêmes pour nous protéger,
maîtriser ce qui est visible et pouvoir vivre ensemble.
Malgré tout, dans les sociétés occidentales contemporaines,
depuis les années 1980, la dissimulation serait mal vue, on prône
une transparence absolue. Mais peut-on et doit-on tout dire et tout montrer ?
Et que cache vraiment cette apparente transparence ? L'invisibilité,
camouflage absolu, demeure un fantasme qui a longtemps nourri les imaginaires.
La mythologie fourmille d'exemple de héros ou de divinités usant
d'artefacts permettant de se rendre invisible.
Des auteurs de fiction comme H. G. Wells, dans " L'homme invisible ", démontrent que ce pouvoir, quand il devient permanent, entraîne dans la mégalomanie. D'autre, nous montre que quand cette invisibilité est subi, elle plonge dans le désarroi le plus total. En fait, pour exister, pour vivre en société, nous avons tous besoin d'être perçu par les autres. L'être humain évolue donc en société, animé entre l'envie de savoir se que cacheraient les autres et le besoin, d'un tout un chacun, de conserver son jardin secret.
Mais aujourd'hui, dans nos sociétés urbaines contemporaines,
la véritable invisibilité ne serait-elle pas une invisibilité
sociale, celle des laissés pour compte ? La perte d'identité
dont ils sont victimes ne serait-elle pas banalisée ? Cette invisibilité,
pourtant non matérielle, ne serait-elle pas le reflet, quelque part,
de notre aveuglement, de notre indifférence ?