[ monde 05 ]
Ceci n'est pas une frontière
"… Jadis, l'occupation et ses démonstrations de force suffisaient à maintenir l'ordre. C'était le temps où l'occupant n'avait peur ni de regarder ni de se montrer. A l'époque, on les appelait les Arabes. C'était avant le monstre, et ses raisons de sécurité, avant que la "séparation" ne remplace la "paix". Leurs visages étaient transparents et leurs yeux baissés, mais leurs corps étaient bel et bien présents. Corps d’éboueur, d’ouvrier du bâtiment, corps de femme de ménage, de manutentionnaire, d'ouvrier et d’ouvrière à la chaîne, […] corps objets de peurs et de désirs. Ils n’avaient pas de nom. C’était une foule de corps d’indigènes colonisés…"
Eyal Sivan
Réalisateur et producteur,
Le « mur », un palliatif navrant
"…Le « mur », ou, comme les Israéliens préfèrent l’appeler, la « clôture » de sécurité, soulève de fortes passions, provoque même parfois de véritables délires. Pour les ennemis d’Israël, la messe est dite : cet artefact disgracieux serait un corollaire naturel de la nature intrinsèquement mauvaise de « l’entité sioniste », la preuve, s’il en fallait une, de son caractère raciste. Les plus modérés évoquent le mur de Berlin, en oubliant que celui-ci a été érigé pour empêcher les gens de sortir, alors que celui-là est censé les empêcher d’entrer…"
Elie Barnavi
Conseiller scientifique du Musée de l'Europe
ex Ambassadeur d'Israël à Paris - [extraits]