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Parcours de l'exposition
"Destination Japon, sur les pas de Guimet et Claudel"
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En 1868, le Japon s'ouvre au monde
après plus de deux siècles de repli sur lui-même. Ce changement
est décisif : il marque le début de l'"ère Meiji", expression
qui signifie "politique éclairée" ou "gouvernement des lumières".
Au cours de cette période, les relations entre le Japon et
l'Occident s'intensifient. Les Européens découvrent avec enthousiasme
une civilisation qui leur était jusque-là très peu connue.
Parmi eux, deux personnalités ont vécu au Japon une expérience
déterminante : Émile Guimet et Paul Claudel.
En 1876, Émile Guimet séjourne au
Japon, où il mène une enquête sur les religions orientales.
Les répercussions de ce voyage sont considérables. À son retour
en France, il joue un rôle fondamental pour le développement
de la connaissance des cultures d'Asie, en particulier par
la création de deux musées.
Presque cinquante ans après le séjour d'Émile
Guimet au Japon, Paul Claudel est nommé ambassadeur
à Tokyo. L'écrivain (dont on fête cette année le cinquantenaire
de la mort), est marqué durablement par l'art et la spiritualité
de ce pays. Il reste aujourd'hui encore une figure emblématique
de l'histoire des relations franco-japonaises.
Les trois zones de l'exposition
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Netsuke (petit bouton sculpté)
Période d'Edo, fin du 18° siècle
Ivoire
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Lors d'un voyage en Extrême-Orient,
Émile Guimet forme le projet d'un musée consacré aux
religions. Il veut rassembler dans un même lieu des
objets témoignant des divinités d'Asie, d'Égypte et
de l'Antiquité.
Le Musée Guimet est créé à Lyon en
1879. Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle,
ses collections s'enrichissent d'œuvres asiatiques de
différentes époques, remarquables en raison de leur
rareté, de leur intérêt esthétique et culturel.
L'exposition présente une sélection
de certaines d'entre elles, collectées dans les ruines
d'Angkor, au Vietnam, en Thaïlande et au Japon.
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Bouddha en bhumi-sparsa
mudra, attitude de prise à témoin
de la terre.
Thaïlande - 19ème siècle
Bois doré et nacre
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Riche industriel lyonnais, Émile Guimet est déjà passionné
par les civilisations asiatiques lorsqu'on lui confie
une enquête sur les religions asiatiques en 1876. Il
part au Japon, où il découvre une société, une spiritualité,
une expression artistique, une architecture et des paysages
qui le captivent. Au cours de ce voyage, il ne cède
pas aux charmes d'un exotisme facile. Il est déjà animé
d'un esprit de recherche et d'une volonté de transmission
qui feront de lui un précurseur de l'ethnologie orientale.
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En
1876, Émile Guimet (1836-1918) est chargé par le ministre
de l'Instruction publique, Jules Ferry, d'enquêter sur
les religions orientales. Or, selon lui, "Pour bien
saisir la doctrine de Confucius […], pour comprendre
le Bouddha […], il est indispensable de voyager, de
toucher le croyant, de lui parler, de le voir agir."
Guimet se rend donc au Japon, qui est sa destination
principale, puis en Chine et en Inde. Il est accompagné
du peintre Félix Régamey, auquel il a demandé de témoigner
en images de leur périple.
Guimet est fasciné par le Japon où
il séjourne neuf semaines. Il est émerveillé par le
sens esthétique des Japonais, par la beauté de la nature
et des temples. Il apprécie également le théâtre nô
et le théâtre populaire kabuki. Pour les besoins de
son enquête, il rencontre des moines et approfondit
sa connaissance du bouddhisme et du shintoïsme, qu'il
compare avec les religions occidentales. Après ce voyage,
qui représente une expérience exceptionnelle dans sa
vie, Guimet crée un musée novateur à Lyon, puis un nouvel
établissement à Paris (l'actuel Musée national des Arts
asiatiques-Guimet).
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Portrait de moine - fin
de l'époque Muromachi, 16ème siècle
Bois laqué et doré, yeux en cristal
de roche incrusté.
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Masque nô de type ôbeshimi
Epoque d'Edo (1603-1867)
Cyprès polychrome
et incrustation de métal doré
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Au cours de son séjour au Japon, Émile Guimet cherche
à comprendre une réalité pour ensuite la faire connaître
au plus grand nombre. Sa démarche est pédagogique :
c'est celle d'un passeur, d'un futur éducateur. Quarante-cinq
ans après Guimet, dans un contexte historique très différent,
Paul Claudel est nommé ambassadeur à Tokyo. Les années
qu'il passe au Japon sont pour lui l'occasion d'une
expérience différente de celle de Guimet : une
expérience esthétique qui aura une influence importante
sur son écriture et son œuvre.
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Poète
et auteur de théâtre, Paul Claudel (1868-1955) est l'un
des écrivains français les plus importants du XXe siècle.
Mais on ignore souvent qu'il a également exercé des
fonctions diplomatiques élevées. Entre 1921 et 1927,
il occupe ainsi le poste d'ambassadeur de France à Tokyo.
Sa mission consiste à développer les relations politiques,
économiques et culturelles entre la France et le Japon.
Elle aboutit à la création de la Maison Franco-Japonaise
de Tokyo et de l'Institut Franco-Japonais du Kansai,
qui existent encore aujourd'hui.
Au cours de son séjour au Japon, Paul
Claudel change de regard sur l'art européen, auquel
il reproche de tout dire et de tout expliquer. Il le
distingue de l'art japonais, dont la grandeur est d'indiquer
"un vide où vient s'installer l'imagination".
L'admiration qu'il porte aux peintres japonais l'amène
à agir pour faire entrer leurs œuvres dans les collections
publiques françaises. Sa collaboration avec l'un d'entre
eux, Tomita Keisen, aboutit à l'un de ses plus admirables
recueils poétiques, Cent phrases pour éventails.
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Sainte-Geneviève,
livre à la japonaise
Paul Claudel,
illustration de Tomita Keisen
Encre sur papier, couverture laque
Collection privée
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Poèmes du Pont des
Faisans
Paul Claudel,
illustration de Tomita Keisen
imprimés sur papier en toile de lin
collection privée
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Sans mention particulère :
© Collection du Muséum
Photos Patrick Ageneau
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