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Parcours de l'exposition
"Destination Japon, sur les pas de Guimet et Claudel"

En 1868, le Japon s'ouvre au monde après plus de deux siècles de repli sur lui-même. Ce changement est décisif : il marque le début de l'"ère Meiji", expression qui signifie "politique éclairée" ou "gouvernement des lumières". Au cours de cette période, les relations entre le Japon et l'Occident s'intensifient. Les Européens découvrent avec enthousiasme une civilisation qui leur était jusque-là très peu connue. Parmi eux, deux personnalités ont vécu au Japon une expérience déterminante : Émile Guimet et Paul Claudel.

En 1876, Émile Guimet séjourne au Japon, où il mène une enquête sur les religions orientales. Les répercussions de ce voyage sont considérables. À son retour en France, il joue un rôle fondamental pour le développement de la connaissance des cultures d'Asie, en particulier par la création de deux musées.

Presque cinquante ans après le séjour d'Émile Guimet au Japon, Paul Claudel est nommé ambassadeur à Tokyo. L'écrivain (dont on fête cette année le cinquantenaire de la mort), est marqué durablement par l'art et la spiritualité de ce pays. Il reste aujourd'hui encore une figure emblématique de l'histoire des relations franco-japonaises.

Les trois zones de l'exposition :

Présentation de l'exposition


du 19 avril 2005
au 25 septembre 2005



Netsuke (petit bouton sculpté)
Période d'Edo, fin du 18° siècle
Ivoire

Lors d'un voyage en Extrême-Orient, Émile Guimet forme le projet d'un musée consacré aux religions. Il veut rassembler dans un même lieu des objets témoignant des divinités d'Asie, d'Égypte et de l'Antiquité.

Le Musée Guimet est créé à Lyon en 1879. Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, ses collections s'enrichissent d'œuvres asiatiques de différentes époques, remarquables en raison de leur rareté, de leur intérêt esthétique et culturel.

L'exposition présente une sélection de certaines d'entre elles, collectées dans les ruines d'Angkor, au Vietnam, en Thaïlande et au Japon.
 


Bouddha en bhumi-sparsa mudra, attitude de prise à témoin de la terre.
Thaïlande - 19ème siècle
Bois doré et nacre

 

 
Riche industriel lyonnais, Émile Guimet est déjà passionné par les civilisations asiatiques lorsqu'on lui confie une enquête sur les religions asiatiques en 1876. Il part au Japon, où il découvre une société, une spiritualité, une expression artistique, une architecture et des paysages qui le captivent. Au cours de ce voyage, il ne cède pas aux charmes d'un exotisme facile. Il est déjà animé d'un esprit de recherche et d'une volonté de transmission qui feront de lui un précurseur de l'ethnologie orientale.
 

En 1876, Émile Guimet (1836-1918) est chargé par le ministre de l'Instruction publique, Jules Ferry, d'enquêter sur les religions orientales. Or, selon lui, "Pour bien saisir la doctrine de Confucius […], pour comprendre le Bouddha […], il est indispensable de voyager, de toucher le croyant, de lui parler, de le voir agir." Guimet se rend donc au Japon, qui est sa destination principale, puis en Chine et en Inde. Il est accompagné du peintre Félix Régamey, auquel il a demandé de témoigner en images de leur périple.

Guimet est fasciné par le Japon où il séjourne neuf semaines. Il est émerveillé par le sens esthétique des Japonais, par la beauté de la nature et des temples. Il apprécie également le théâtre nô et le théâtre populaire kabuki. Pour les besoins de son enquête, il rencontre des moines et approfondit sa connaissance du bouddhisme et du shintoïsme, qu'il compare avec les religions occidentales. Après ce voyage, qui représente une expérience exceptionnelle dans sa vie, Guimet crée un musée novateur à Lyon, puis un nouvel établissement à Paris (l'actuel Musée national des Arts asiatiques-Guimet).
 


Portrait de moine - fin de l'époque Muromachi, 16ème siècle
Bois laqué et doré, yeux en cristal de roche incrusté.

 


Masque nô de type ôbeshimi
Epoque d'Edo (1603-1867)
Cyprès polychrome
et incrustation de métal doré


 

 
Au cours de son séjour au Japon, Émile Guimet cherche à comprendre une réalité pour ensuite la faire connaître au plus grand nombre. Sa démarche est pédagogique : c'est celle d'un passeur, d'un futur éducateur. Quarante-cinq ans après Guimet, dans un contexte historique très différent, Paul Claudel est nommé ambassadeur à Tokyo. Les années qu'il passe au Japon sont pour lui l'occasion d'une expérience différente de celle de Guimet : une expérience esthétique qui aura une influence importante sur son écriture et son œuvre.
 

Poète et auteur de théâtre, Paul Claudel (1868-1955) est l'un des écrivains français les plus importants du XXe siècle. Mais on ignore souvent qu'il a également exercé des fonctions diplomatiques élevées. Entre 1921 et 1927, il occupe ainsi le poste d'ambassadeur de France à Tokyo. Sa mission consiste à développer les relations politiques, économiques et culturelles entre la France et le Japon. Elle aboutit à la création de la Maison Franco-Japonaise de Tokyo et de l'Institut Franco-Japonais du Kansai, qui existent encore aujourd'hui.

Au cours de son séjour au Japon, Paul Claudel change de regard sur l'art européen, auquel il reproche de tout dire et de tout expliquer. Il le distingue de l'art japonais, dont la grandeur est d'indiquer "un vide où vient s'installer l'imagination". L'admiration qu'il porte aux peintres japonais l'amène à agir pour faire entrer leurs œuvres dans les collections publiques françaises. Sa collaboration avec l'un d'entre eux, Tomita Keisen, aboutit à l'un de ses plus admirables recueils poétiques, Cent phrases pour éventails.
 


Sainte-Geneviève, livre à la japonaise
Paul Claudel,
illustration de Tomita Keisen
Encre sur papier, couverture laque
Collection privée



Poèmes du Pont des Faisans
Paul Claudel,
illustration de Tomita Keisen
imprimés sur papier en toile de lin
collection privée
 

 
Sans mention particulère :
© Collection du Muséum
Photos Patrick Ageneau
 

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