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Contenu de l'exposition - sommaire

  1. Histoire de la maladie
  2. La psychose de 1996
  3. Le passage de la maladie à l'Homme
  4. Les recherches sur la variante de la maladie de Creutzfeldt-jakob
  5. L'agent transmissible non conventionnel
  6. Les points communs de la maladie animale et humaine
  7. La transmission de la maladie animale et humaine
  8. La transmission de la maladie de bovin à bovin
  9. Les farines de viandes et d'os
  10. L'apparition de "cas naïfs"
  11. La campagne de dépistage du gouvernement
  12. L'exploitation des résultats des tests en matière de recherche
  13. La stratégie pour le troupeau
  14. La position des éleveurs
  15. Les mesures de protection du consommateur
  16. Comparaison des mesures françaises avec le reste de l'Europe
  17. La maladie de la vache folle et la maladie d'Alzheimer
  18. Les précautions de décontamination du matériel médical
  19. Le danger de la nourriture aujourd'hui
  20. L'exposition au prion
  21. Le rôle des porteurs sains infectés

Dessins Humoristiques et objets de l'exposition

Les scientifiques partenaires de l'exposition

Petit lexique des abréviations scientifiques

Informations pratiques

Contacts presse

 

La vache folle au Muséum : un choix stratégique

  Pourquoi cette exposition ?

Les musées sont des lieux de connaissance et de partage de savoir. Il est naturel qu'ils inscrivent à leur programmation des sujets d'actualité et qu'ils tentent d'apporter une réponse (ou des réponses) aux interrogations des citoyens.

Le série "Questions d'actualité" rend compte de cette volonté : par son action culturelle, le Muséum était déjà présent dans la recherche d'explication des enjeux contemporains. Un pas supplémentaire est fait : par l'exposition, le Muséum devient un lieu de synthèse et de référence, un lieu de compréhension pour l'ensemble de la communauté.

La thématique de la vache folle avait été choisie il y a déjà quelques semaines. Les musées ne peuvent réagir aussi rapidement que les médias écrits et électroniques. Les débats actuels confirment l'intérêt d'une telle question et justifient les décisions du Muséum.

  Pourquoi cette muséographie ?

Les expositions d'actualité permettent de faire le point ; il est donc normal de donner la parole à plusieurs interlocuteurs et de présenter de nombreux points de vue. Le Muséum s'est efforcé de poser les questions essentielles et de trouver les réponses.

Au-delà du sérieux et de la complexité de la question, il a choisi aussi de faire une place à l'humour (on retrouve dans l'exposition des caricatures et des dessins humoristiques) et un mode de communication varié (présentation d'objets scientifiques, de collections privées sur la thématique de la vache, d'un film d'animation et de jeux interactifs...).

Le Muséum tient à remercier les scientifiques qui ont accepté de faire le point et ses nombreux partenaires qui ont permis de rendre compte d'un véritable enjeu de société.

Scénographie de l'exposition
agence baconnier, compagnie d'architecture, Lyon

Réalisation technique et création graphique
agence Zigzagone, Lyon

  Préface

L'encéphalopathie spongiforme bovine constitue la plus grande crise sanitaire alimentaire du vingtième siècle ; ses conséquences économiques sont majeures particulièrement au Royaume-Uni. L'apparition de cette nouvelle maladie, et sa diffusion à d'autres espèces dont l'homme, est principalement liée à la résistance de l'agent infectieux qui en est à l'origine (le prion) à tous les procédés habituellement efficaces sur les micro-organismes connus à ce jour. La nature très atypique des prions constitue, par ailleurs, une révolution en biologie et oblige à réévaluer les concepts actuels de la transmission de l'information dans les organismes vivants.

Dominique DORMONT
Président du Comité Interministériel
sur les encéphalopathies subaiguës
spongiformes transmissibles



 


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  1. Quelle est l'histoire de l'Encéphalopathie Spongiforme Bovine ?

L'Encéphalopathie Spongiforme Bovine, ESB, est mieux connue sous la dénomination "Maladie de la Vache Folle". Découverte il y a 15 ans, l'ESB a été identifiée en 1986 pour la première fois dans le cheptel bovin en Angleterre. Cette maladie est de la même famille que la tremblante du mouton connue depuis 1732 en Europe.

Ces deux maladies sont des maladies dites à prions. Les prions sont des petites particules PROtéiques INfectieuses résistant à l'inactivation par toutes les méthodes qui permettent de modifier les acides nucléiques. Le prion n'est donc ni une bactérie, ni un virus mais un agent infectieux d'un type nouveau.

Quelques dates

1732 La tremblante du mouton est connue en Europe.
1986 Découverte de l'ESB en Angleterre.
1989 La Grande-Bretagne prend des mesures de prévention de transmission à
l'Homme.
Mars 1996 Stephen DORREL, Ministre britannique de la santé déclare devant la Chambre des Communes que l'ESB peut se transmettre à l'Homme.
Apparition d'une nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob
.
Avril 1996 En France, mesures de retrait systématique des matériaux à risques
spécifiés des chaînes alimentaires humaines et animales.
Février 1998 Les Farines de viande et d'os doivent subir un traitement thermique
validé par les instances européennes.
Juin 2000 Début du programme décidé par le Gouvernement de tests sur des
animaux morts ou accidentés.
1 Octobre 2000 La Commission Européenne fait mettre en oeuvre le retrait systématique
des matériaux à risques spécifiés dans les 12 autres pays de la
Communauté.


 


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  2. Pourquoi cette maladie a-t-elle déclenché cette psychose collective en 1996 ?

Le 20 mars 1996 Stephen DORRELL, Ministre britannique de la Santé a annoncé devant la Chambre des Communes que l'encéphalopathie spongiforme bovine peut se transmettre à l'homme par le bœuf. En Grande Bretagne, la vache folle était une préoccupation majeure, tout particulièrement pour des centaines de milliers d'éleveurs. En France, le public français n'était pas informé, mais quelques scientifiques et médecins se doutaient du risque. Le sujet est scientifico-médico-politico-administrativo-économico complexe et en plus il touche à l'alimentation dans un pays de gourmets.

Thierry BARON
Chef d'Unité à l'Agence Française de Sécurité Sanitaire
des Aliments (AFSSA) de Lyon

 


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  3. Comment expliquer le passage de la maladie des bovins à l'Homme ?

La Maladie de la Vache Folle ne semblait pas au départ concerner l'Homme. Mais en Mars 1996, des experts britanniques de la santé publique indiquent qu'une transmission est possible sous forme d'une nouvelle variante de la Maladie de Creutzfeldt-Jakob qui a été décrite par les chercheurs britanniques en 1996. Cette maladie est nouvelle et le recul historique très faible. L'état des connaissances scientifiques ne permet pas encore d'avoir levé tout le voile sur la compréhension et le fonctionnement de cette maladie qui se révèle très étrange et originale. La nature même de l'agent contaminant échappe à de très nombreuses tentatives d'identification et témoigne de très nombreuses propriétés inhabituelles. C'est pourquoi on l'appelle "agent transmissible non conventionnel" ou ATNC. Pour l'instant l'ATNC reste une énigme biologique. Depuis 1996, deux cas de Nouvelle Variante de la Maladie de Creutzfeldt-Jakob ont été décelés en France, 86 en Grande Bretagne, 1 en Irlande.

 


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 4. Quelles sont les recherches actuellement en cours pour essayer de mieux
cerner les manifestations de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob ?

La nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob est une maladie dite émergente, c'est à dire qu'on ne la connaît pas encore très bien. Des recherches sont réalisées, notamment à l'Hôpital Neurologique de Lyon pour tenter d'obtenir des tests peu agressifs permettant le diagnostic sans avoir recours au prélèvement de tissu nerveux. Ceci est fondamental car pour obtenir du tissu nerveux, il faut attendre une autopsie ou réaliser une biopsie cérébrale chez le malade, biopsie qui pose des questions éthiques. Un jour proche, on l'espère, des thérapeutiques efficaces seront disponibles.

Nicolas KOPP
Professeur à l'Université Claude Bernard, Lyon 1
et Directeur du Laboratoire de neuropathologie de l'Hôpital Neurologique de Lyon

 


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 5. Pourquoi parle-t-on d'Agent Transmissible Non Conventionnel (ATNC) ?

L'agent infectieux transmissible au sein de l'espèce atteinte et parfois d'une espèce à l'autre a une particularité d'être extrêmement résistant à la plupart des traitements physiques (chauffage), chimiques (désinfectants usuels). Tout le monde s'accorde à dire que la protéine prion est étroitement associée sinon identique à l'agent infectieux. Lorsqu'un animal ou un homme est infecté par l'agent infectieux, sa protéine prion normale se transforme en protéine anormale.

 


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  6. Quels sont les points communs de la maladie de la vache folle et de la
maladie humaine ?

Elles sont transmissibles mais non contagieuses. Elles sont à évolution lente avec une longue période d'incubation sans symptôme qui peut durer jusqu'à plusieurs décennies chez l'homme. Les lésions concernent exclusivement le système nerveux central. L'agent infectieux reste mystérieux.

 


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  7. Comment se transmet la maladie du bovin à l'Homme ?

La transmission est probablement alimentaire par la consommation d'organes ou de tissus porteurs de l'agent de l'ESB (cervelle ou moelle épinière de bovins).

 


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  8. Comment s'effectue la transmission de la maladie de bovin à bovin ?

La première voie est la transmission par la consommation de farines animales. La deuxième voie de transmission peut être celle de la vache à son veau. La troisième voie est encore très hypothétiquement liée à l'environnement. La transmission par contact, par le lait ou par voie sexuelle n'a jamais été relatée.

 


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  9. Qu'est-ce que les farines de viande et d'os (FVO) ?

Les FVO, compléments protéiniques, sont préparées à partir de tissus et organes de ruminants. Pourquoi les aliments donnés aux non ruminants seraient-ils infectieux ? jusqu'en 1996, pour produire des farines tous les cadavres et déchets d'abattoir étaient recyclés. Ce n'est qu'en avril 1996 que furent exclus de cette chaîne alimentaire les organes et les tissus potentiellement aptes à transmettre le prion. Aujourd'hui les FVO sont interdits pour l'alimentation de tous les animaux.

 


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  10. Comment peut-on expliquer l'apparition de cas "naïfs", c'est à dire de bovins infectés nés après l'interdiction des farines à base de viande et d'os ?

La piste la plus vraisemblable est celle de la "contamination croisée" : des aliments ont tout simplement été donnés à d'autres qu'à leurs destinataires et ils étaient infectieux. Les farines peuvent être mélangées au moment du transport, de la livraison ou simplement être consommées par un animal autre que celui de l'espèce destinataire.

 


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  11. Le gouvernement français vient de lancer une campagne de dépistage,
comment est-elle organisée et quels sont les animaux concernés ?

Le programme du Ministère a, avant tout, un objectif de recherche, c'est à dire d'acquisition de connaissances nouvelles et n'a, en aucune sorte, un objectif de garantie que les animaux entrant dans la chaîne alimentaire soient indemnes. Nos connaissances actuelles et les techniques disponibles ne permettent malheureusement pas de mettre en œuvre une telle garantie.Le programme concerne donc les animaux considérés a priori comme présentant le plus de risques d'être atteints : les animaux morts et les animaux accidentés. Pour les animaux morts et euthanasiés, le prélèvement d'une partie bien précise du tronc cérébral est effectué sur le clos d'équarrissage. Si le test rapide s'avère positif, un test de référence est effectué, pour confirmation, au laboratoire national de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), situé à Lyon. En cas de test positif, les mesures sanitaires en vigueur pour les cas cliniques sont appliquées (abattage total du cheptel d'origine et indemnisation de l'éleveur).Le programme a démarré en juin 2000. Il concerne, dans la limite de 40 000 tests, tous les animaux répondant à l'un ou l'autre de ces critères des 3 régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire, considérées comme "les plus à risque". Ce programme a mobilisé en 2000 un crédit de 271 millions de francs.

Laurent BERTHOD
Ingénieur agronome

 


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  12. Comment sont exploités les résultats de ces tests en matière de recherche ?

Les épidémiologistes vont déterminer de façon plus précise les caractéristiques des animaux atteints par rapport à la population générale. Les chercheurs vont en tirer des informations sur l'utilisation des tests à grande échelle mais également pouvoir déterminer à posteriori si ces animaux présentaient des signes évocateurs cliniques de l'ESB.

Thierry BARON
Chef d'Unité à l'Agence Française
de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) de Lyon

 


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  13. Que se passe-t-il quand un cas d'ESB est détecté dans un troupeau ?

Il faut d'abord que le cas soit détecté. Cela peut se passer de plusieurs façons; le plus souvent, c'est l'éleveur qui, constatant qu'une de ses vaches est malade, fait appel à son vétérinaire. Dans chaque département français un vétérinaire rural, libéral, volontaire, a été désigné par le Ministère de l'Agriculture "coordinateur départemental" du réseau d'épidémiosurveillance de l'ESB mis en place sur tout le territoire national. S'il suspecte un cas d'ESB, il adresse une déclaration de suspicion à la Direction des Services Vétérinaires du département . L'éleveur fait euthanasier l'animal suspect par un vétérinaire agréé qui prélève l'encéphale et l'envoie au laboratoire de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments situé à Lyon où il sera analysé. Ce résultat est généralement obtenu sous 8 à 15 jours.S'il est négatif, l'arrêté de mise sous séquestre est levé. Si la suspicion est confirmée par l'analyse, les bovins de l'exploitation sont, dans un délai réglementaire, enlevés et conduits à un clos d'équarrissage. On y procède à leur euthanasie; les cadavres sont immédiatement transformés en farine. Cette farine sera ensuite incinérée.

Laurent BERTHOD
Ingénieur agronome

 


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  14. Quelle est la position des éleveurs sur l'abattage total des troupeaux touchés par l'ESB et sur l'utilité des tests effectués sur les animaux morts ?

"Psychologiquement, c'est insupportable pour toute la famille et vis-à-vis de l'opinion. Assister impuissant à l'anéantissement du travail engagé depuis de nombreuses années, c'est aussi difficile à vivre. En tant qu'éleveurs, nous aimons véritablement nos animaux. Cependant, pour la sécurité du consommateur, mais aussi pour préserver le marché de la viande bovine et donc le revenu de tous les producteurs, l'abattage total du troupeau est inéluctable. Dans l'état actuel des choses, si l'abattage partiel était retenu, que ferait-on du reste du troupeau ? Quel acheteur, quel consommateur accepterait d'acheter de la viande bovine provenant d'un troupeau ayant connu un cas d'ESB ? Par ailleurs, une question est mal appréhendée aujourd'hui : les tests ne peuvent être effectués que sur les animaux morts. Ce n'est pas possible encore sur des bêtes vivantes, il faut le savoir. Les tests sur les animaux amenés à l'équarrissage permettent d'étudier et de mieux connaître l'étendue de la maladie."

Luc GUYAU
Président de la FNSEA

 


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  15. Quelles sont les mesures de protection du consommateur ?

  • Au niveau sanitaire

Systématiquement les organes ou tissus de ruminants potentiellement à risque sont éliminés de la chaîne alimentaire. Des contrôles sont effectués tout au long de la filière bovine

  • Au niveau juridique

Actuellement, il n'existe pas de véritable législation spécifique à l'ESB ou à la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Il convient de rechercher, dans l'ensemble des textes, les éléments pouvant répondre aux difficultés soulevées par cette maladie. Les risques juridiques encourus par les contrevenants sont de nature très diverse :

    • tromperie sur les qualités substantielles d'un produit : emprisonnement de 2 ans et /ou amende de 250 000 F ;
    • falsification des denrées servant à l'alimentation de mêmes sanctions que précédemment ;
    • mise en danger de la vie d'autrui : un an d'emprisonnement et 100 000 F d'amende.

Marie-France CALLU
Maître de Conférences à l'Université Jean Moulin Lyon 3

 


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  16. Peut-on comparer les mesures de protection appliquées par la France et celles appliquées par les autres pays européens ?

Les toutes premières mesures de prévention de la transmission de l'ESB à l'homme par voie alimentaire ont été prises en Grande-Bretagne en 1989. Depuis 1996, la France a mis en œuvre des mesures de retrait systématique des Matériaux à Risques Spécifiés des chaînes alimentaires humaines et animales et supprimé les cadavres et les MRS pour la fabrication des Farines de Viandes et d'Os (FVO) qui restent autorisées dans l'alimentation des mono-gastriques. Par ailleurs, ces FVO doivent subir le traitement thermique validé par les instances européennes depuis le 6 février 1998. Aucun autre pays (à part la Grande-Bretagne et le Portugal) à l'intérieur de l'Union Européenne, n'a mis en œuvre cette combinaison de mesures. Néanmoins, la Commission Européenne a réussi à faire mettre en œuvre le retrait systématique des matériaux à risque spécifié dans les 12 autres pays de la Communauté depuis le 1er octobre 2000.

Si l'on compare l'incidence de la maladie chez les bovins dans les différents pays on constate que la notion d'augmentation ou de diminution est très relative et qu'il convient de rester prudent sur les perspectives d'évolution futures. Il est probable que compte tenu des mesures mises en œuvre l'incidence dans chacun de ces pays puisse diminuer au cours des 5 années à venir sans qu'elle ne devienne nulle, la plus grande question qui se pose dès maintenant est celle de la pérennisation de la maladie à faible incidence, notamment en Grande-Bretagne et en Irlande. La durée d'incubation du Nouveau Variant chez l'homme étant très probablement supérieure à 15 ans, il faut s'attendre à voir augmenter le nombre de cas humains encore pendant de nombreuses années tout particulièrement en Grande-Bretagne.

Marc SAVEY
Directeur Général de la Santé Animale à l'AFSSA
et Vice-Président du Comité interministériel
sur les encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles

 


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  17. Pourquoi parle-t-on plus de la maladie de la vache folle que celle d'Alzheimer ?

Parce qu'on se trouve en présence d'une démence dont on connaît la cause, alors qu'on ne connaît pas la cause de la maladie d'Alzheimer.

Guy CHAZOT
Professeur de Neurobiologie à l'Hôpital Neurologue de Lyon

 


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  18. Quelles sont les précautions à prendre en matière de décontamination du matériel médical dans la cadre du nouveau variant ?

De nombreux aspects des maladies associées aux prions sont incertains. Toutefois des risques de transmission dite "iatrogène" à l'occasion de soins ont été identifiés ces dix dernières années essentiellement en relation avec des traitements médicaux par hormone de croissance extractive et utilisation chirurgicale de dure-mère. L'extension de la transmission "iatrogène" des prions est évoquée et contribue à placer ces maladies au cœur de l'actualité. En effet, les prions présentent une résistance considérable aux procédés de stérilisation et de désinfection utilisés habituellement en milieu de soins (chaleur, produits chimiques désinfectants, rayonnements). Ceci a conduit à adopter des procédures renforcées, susceptibles de réduire les risques de transmission "iatrogène" par le matériel chirurgical, par les endoscopes et tout autre matériel de soins.

La diffusion large du nouveau variant de la Maladie de Creutzfeldt-Jakob pose de nouveaux défis à la sécurité des soins en raison de la diffusion plus large du prion dans l'organisme humain (amygdales, intestins, rate, etc..) et de la grande résistance de ces prions.

Jacques FABRY
Professeur à l'Université Claude Bernard, Lyon 1

 


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  19. La nourriture est-elle devenue plus dangereuse qu'avant ?

La réponse est probablement NON mais la situation est paradoxale car malgré les réglementations et les contrôles de plus en plus poussés effectués, des risques existent dès l'alimentation animale. L'alimentation humaine doit être suivie dès l'alimentation animale.

Centre Technique Régional de la Consommation

 


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  20. Est-ce que le fait d'être exposé au prion rend malade ?

Comme dans toute maladie infectieuse, il y a toujours plus d'exposés que d'infectés qui deviendront malades. Ceci est bien vérifié chez les bovins où, même en Grande-Bretagne, un tiers des troupeaux exposés n'ont connu qu'un seul cas d'ESB. Néanmoins, il existe un nombre significatif de troupeaux qui ont connu plus de 10 cas. On peut supposer que les mêmes mécanismes existent au regard de l'exposition des êtres humains. L'appréciation du rapport exposés/malades chez l'être humain ne peut être fait en l'absence de deux données essentielles :

  • la durée moyenne d'incubation du nouveau variant chez l'homme,
  • la détermination de la dose infectieuse chez l'homme.

A l'heure actuelle, l'exposition de professionnels par voie non alimentaire ne paraît pas constituer un risque appréciable. En Grande-Bretagne, les 83 cas de Nouveau Variant de la Maladie de Creutzfeldt-Jakob observés chez l'homme sont très vraisemblablement liés à une exposition d'origine alimentaire.

Marc SAVEY
Directeur Général de la Santé Animale à l'AFSSA
et Vice-Président du Comité interministériel
sur les encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles

 


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  21. Quel est le rôle des porteurs sains infectés ?

Chez les bovins, il existe des preuves scientifiques que des animaux en cours d'incubation sont infectés sans être malades. Ces animaux constituent, quand ils sont consommés, un facteur de risque d'exposition du consommateur humain. C'est pour cela qu'on écarte systématiquement de la chaîne de consommation humaine un certain nombre d'organes appelés Matériaux à risque spécifique ou abats à risques spécifiés.Il a été prouvé en Grande-Bretagne que les vaches qui deviennent malades en fin de gestation ou moins de 6 mois après le vêlage peuvent transmettre à leur veau l'infection. C'est une modalité de contamination non alimentaire du veau dite "contamination verticale". C'est pour cela qu'en France et dans d'autres pays d'Europe on abat systématiquement la progéniture de tous les cas. Chez l'homme, il a été prouvé que l'infectiosité existe dans les amygdales et l'appendice au moins 8 mois avant le déclenchement des symptômes de la maladie liée au nouveau variant. Il faut donc s'interroger sur le risque de transmission inter-humaine lié à certaines actes médicaux ou chirurgicaux effectués sur des humains en incubation. De plus, on sait depuis la mi-septembre 2000 que l'ESB est transmissible par transfusion sanguine à partir d'un animal au milieu de la période d'incubation (donc non malade) à un autre animal de la même espèce (expérience réalisée chez le mouton). On peut donc s'interroger sur la sécurité sanitaire des produits sanguins issus d'un donneur humain en incubation. Ceci peut expliquer la position des autorités sanitaires du Canada, des Etats Unis, de l'Australie et de la Nouvelle Zélande d'exclure du don de sang leurs citoyens ayant vécu plus de 6 mois en Grande-Bretagne entre 1980 et 1996.

Marc SAVEY
Directeur Général de la Santé Animale à l'AFSSA
et Vice-Président du Comité interministériel
sur les encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles

 


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 Les dessins humoristiques

L'exposition "vache folle" est illustrée par les dessins humoristiques de

Michel CAMBON :

  • La crise de la vache folle vient d'Angleterre
  • Boeuf britannique : il y a encore quelques risques...
  • Je suis comestible
  • Heureusement que lorsque l'on trouve un coureur dopé...
  • La France met en place un test de dépistage systématique de l'ESB
  • La double vie d'un ingénieur spécialiste d'alimentation animale
  • Faut-il avoir peur des vaches

Jean PLANTU :

  • Piège à touristes
  • Principe de précaution
  • Hier, vous serez abattue et mangée ! Aujourd'hui, vous serez abattue
    mais vous ne serez pas mangée !
  • Dans le doute vous êtes condamnée à mort
  • Listériose, vache folle, dioxine etc...

 


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 Liste des objets exposés

Cinq vitrines ponctuent l'exposition :

  • Vitrine 1 : Collection personnelles d'objets décoratifs à l'effigie de la vache.
  • Vitrine 2 : Présentation de différentes farines destinées à l'alimentation des bovins et des mono-gastriques et présentation des compositions de ces différentes farines.
  • Vitrine 3 : Présentation du test PRIONICS
  • Vitrine 4 : Présentation du problème de la stérilisation des instruments chirurgicaux avec la présentation de divers instruments anciens et contemporains et d'un endoscope.
  • Vitrine 5 : L'identification des animaux avec la présentation des boucles d'identification, de la pince pour fixer ces boucles et des passeport et documents de notification du registre bovin.

Sont également présentés :

 


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 Les scientifiques partenaires de l'exposition

  • Dominique DORMONT, Président du Comité Interministériel sur les encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles
  • Thierry BARON, chef d'Unité à l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des aliments de Lyon (AFSSA)
  • Nicolas KOPP, Professeur à l'Université Claude Bernard Lyon 1, Directeur du Laboratoire de Neuropathologie à l'Hôpital Neurobiologique de Lyon
  • Laurent BERTHOD, Ingénieur agronome
  • Marc SAVEY, Directeur de la santé animale à l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des aliments de Lyon (AFSSA), Vice-Président du Comité Interministériel sur les encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles
  • Guy CHAZOT, Professeur de neurobiologie à l'Hôpital neurologique de Lyon
  • Jacques FABRY, Professeur à l'Université Claude Bernard Lyon 1
  • Marie-France CALLU, Maître de Conférences à l'Université Lyon 3
  • Le Centre Régional de la Consommation

 


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  Petit lexique des abréviations scientifiques

PRION particule PROtéique INfectieuse
(agent infectieux de type nouveau)
ESB Encéphalopathie Spongiforme Bovine
ATNC Agent Transmissible Non Conventionnel
FVO Farine de Viande et d'Os
MRS Matériaux à Risques Spécifiés
AFSSA Agence Française de Sécurité Sanitaire

 


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 Informations pratiques

Muséum de Lyon
28 Boulevard des Belges
69006 LYON

Tél. standard : 04 72 69 05 00
Tél. animation : 04 72 69 05 05
Site internet : www.museum-lyon.org
mèl : museum@cg69.fr

Evénementiel
Location d'espaces pour les entreprises
Tél. 04 72 69 05 06
Jours et heures d'ouverture
du mardi au dimanche inclus de 10h à 18h
(fermeture le lundi)

Animations
Groupes, ateliers, visites animées, scolaires, conférences,
Soirées culturelles : exclusivement sur réservation - Tél. 04 72 69 05 05

Entrée
Plein tarif : 20 F
Visite animée : 10 F
Atelier : 20 F

Accès
Métro ligne A
Station Masséna ou Foch
Bus n° 4 - 27 - 36 - 41 - 47
Accès handicapés

 


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 CONTACTS PRESSE

Muséum d'histoire naturelle : Marlène Ambonville
04 72 69 05 06
Contact scientifique :
Muséum d'histoire naturelle : Chantal Schlecht
04 72 69 05 00

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