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Le mimétisme, phénomène de ressemblance répandu
dans le monde animal, présente de nombreuses modalités. Certains
animaux arborent l'aspect d'autres espèces. Il s'agit du mimétisme
au sens strict. Un tel déguisement aide à piéger des
proies (les espèces imitées) ou à effrayer des prédateurs
(craignant les espèces imitées). D'autres, comme les soldats
en campagne, se camouflent au moyen de couleurs et de formes
qui gomment à la vue leur silhouette animale, à des fins défensives
ou offensives. On appelle mimèse ce type particulier de mimétisme,
selon la définition du professeur Michel Boulard, entomologiste
au Muséum national de Paris. C'est ce dernier cas qui a le
premier attisé la curiosité des naturalistes. En effet, Latreille
en 1802, parla de ressemblance naturelle et de ruse. D'autres
ont suivi, insistant surtout sur les similitudes animal-végétal.
Ce n'est que vers le milieu du XIXe siècle que furent publiées
les observations anciennes les plus significatives concernant
les ressemblances entre animaux. Qu'un être animé puisse se
confondre avec des éléments inanimés, différents par nature,
ne manque pas de surprendre. Certaines mimèses sont prodigieuses.
Les sauterelles-feuilles en sont un bon exemple. Ainsi leurs
ailes antérieures reproduisent-elles à merveille l'image des
feuilles des arbres. Le réalisme est poussé à l'extrême :
des contours font croire à l'action de quelques larves grignoteuses
et des taches simulent la virulente attaque de champignons
microscopiques.
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Tanusia signata, Brésil

Tanusia corrupta, Brésil
photos © Patrick Ageneau
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