Raphaëlle

5e2

YAO

 

Yao était un petit village paisible, situé en Afrique, au sud du Tchad. Il faisait très chaud en ce jour d'août 2002, pas une goutte de pluie n'était tombée depuis quatre mois. Femmes et enfants vaquaient à leurs occupations tandis que les hommes étaient au travail, sauf Nanjou qui était très malade depuis deux jours. Beau jeune homme de vingt quatre ans, très doux et gentil, adoré de tous, il avait perdu ses parents cinq ans auparavant, lors de la terrible vague d'épidémie de variole de l'année 1997. Il ne lui restait que sa jeune sœur de seize ans, Kanti, jeune fille très jolie, grande et élancée mais dont le fort caractère l'irritait parfois.

Inquiète, elle décida, ce matin-là, après beaucoup d'hésitation et contre l'avis de son frère, de consulter le médecin du village, le Docteur Djambo. Il ausculta méticuleusement le jeune homme et perplexe, informa Kanti qu'il ne savait pas ce dont souffrait son frère. Sa forte fièvre et ses violentes douleurs à la tête ne cessaient d'empirer.

Le Chef du village, Panko, qui avait accompagné la jeune fille, proposa de contacter un ami médecin, exerçant dans un village voisin et spécialiste des maladies rares.

Quelques heures plus tard, Panko revint avec le docteur KOUELO. Il diagnostiqua la Roublia, maladie très rare qui n'était pas réapparue depuis plus de dix ans entraînant la mort en moins de huit jours. Il fit la moue, se baissa, fouilla dans sa sacoche et en sortit un vieux livre dont la reliure était déchirée, les pages jaunies par le temps.

Après l'avoir consulté quelques minutes, il s'écria soudain :

-« Eurêka, j'ai trouvé le remède ! » puis, l'air grave, poursuivit :

-« La seule façon de guérir ton frère, c'est de retrouver la coiffe Plumo ».

Plumo était une coiffe autrefois portée par le Marabout Tandor, au Mali, faite de plumes de perroquet rouge et or qui possédaient, à leur contact, un pouvoir absolu de guérison.  Il fallait donc que Kanti s'y rende et elle y était décidée malgré les protestations de son frère. Le Docteur Kouelo lui donna les seules indications qu'il avait en sa possession : Plurno se trouvait dans le village de Kidal au nord du Mali.

Le lendemain matin, elle se rendit à la gare routière de Yao, prit son ticket pour le car qui devait la mener au port de Yazou. Une fois arrivée, il fallait qu'elle prenne le bateau qui la mènerait au Mali, à Kidal. Pendant le voyage, elle consulta le livre que lui avait prêté le docteur Kuelo afin de préparer sa chasse au trésor.

 

Après une demi-heure de marche, elle se trouva face à une forêt de squelettes d'arbres qu'elle devait, selon son plan, traverser afin d'accéder au village.

 

Soudain une bête jaillit ! Elle sursaute, crie, et court le plus vite qu'elle peut...elle pense l'avoir semée, mais  elle reste sur ses gardes. Elle continue son chemin mais elle ne voit pas une petite pierre sur son passage. Elle tombe. Sa chute est spectaculaire et se fait très mal au genou. Elle reprend sa marche en boîtant de la jambe droite.

Une heure après avoir erré dans cette sinistre forêt, elle aperçut enfin le village. Il  n'était formé que d'une dizaine de cases  presque toutes  identiques.  Malgré  la nuit tombée, il fallait qu'elle trouve te chef de Kidal et elle choisit la plus grande et la plus belle des cases. Elle avait réussi, elle était maintenant face au chef Youki. Elle lui exposa sa quête mais il était curieusement déjà au courant et lui dit :

-« Kanti, si vous voulez Plumo, il vous faut trouver l'entrée de la galerie située sous le village. »

 

Elle se précipita au centre du village, observa un instant les paillotes les unes après les autres et s'aperçut que leur disposition formait un chiffre. Elle supposa que ce nombre correspondait au numéro d'une case. Elle s'y rendit, et entra, la maison était vide.  Elle trouva une trappe,  la  souleva et descendit quelques marches qui 'amenèrent dans une galerie éclairée par des flambeaux. Elle fit quelques pas et se retrouva dans une vaste salle au milieu de laquelle trônait un coffre de couleur noire. Elle ouvrit le coffre, et explosant de joie, en retira Plumo.

 

A peine avait-elle touché la coiffe qu'elle se retrouva subitement, au chevet de Nanjou ! Elle s'approcha de lui, il était tremblant et transpirait. Elle lui mit Plumo dans les mains. Quelques secondes suffirent à Nanjou pour retrouver une nouvelle énergie. Après avoir remercié mille fois Kanti, il la serra dans ses bras.

 

La coiffe reprit sa place, dans le coffre, comme par enchantement.