|
Camille 5e2 HYACINTHE Hyacinthe n'en pouvait plus, elle pouvait à peine avancer,
tant ses jambes étaient lourdes et sa bouche sèche l Mais pourtant les
ordres étaient formels : son père voulait qu'elle aille au Sahara, trouver
l'herminette de cérémonie qui avait le pouvoir de rendre invulnérable,
chaque humain qui tiendrait par deux doigts le manche de l'herminette.
Il lui avait aussi donné une carte en disant : "débrouille-toi
et dépêche-toi, sinon je te fouetterai jusqu'au sang." La jeune
fille s'était donc aussitôt emparé de la carte et était partie seule
dans cette grande étendue de sable et de dunes appelée "désert".
Mais cela faisait une semaine qu'elle était partie et n'avait plus rien
à manger depuis la veille, car elle avait précipitamment quitté son
lit de camp à la vue d'un serpent. Elle avait eu si peur qu'elle en
avait oublié ses provisions. Et maintenant, elle était perdue et voyait
à perte de vue du sable. Elle songea rageusement à son père qui la
maltraitait depuis qu'il était veuf, six mois auparavant. Plongée dans
ses méditations, elle ne vit l'oasis à sa droite que de très près. Elle
reprit espoir et marcha plus vite. Sa tête brûlait, prête à éclater,
quand soudain, elle se sentit comme aspirée par le sable. Son pied droit
disparût ; elle s'enfonce, la panique l'envahit, elle tire de toutes
ses forces pour parvenir à retirer ce pied du sable, mais l'autre a
déjà disparu sous cette mer de grains jaunes ! Elle hurle, mais peine
perdue...Le sable grimpe ou, plutôt, son corps s'enfonce de plus en
plus. Le sable est au niveau de son menton ! Elle hurle à nouveau, respire
une dernière bouffée d'air frais, puis disparaît sous terre...Elle tombe
pendant un temps qui lui parut une éternité, puis atterrit sur une surface
molle et s'évanouit. Lorsqu'elle s'éveilla, quelle ne fut pas
sa stupeur de s'apercevoir qu'elle était couchée sur un matelas de plastique
rouge, au mileu d'une pièce ronde éclairée par deux lampes de chevet,
posées à coté d'une télévision. "Je devient folle", pensa
t-elle aussitôt. Un rire enfantin la fit sursauter. Un jeune garçon
était devant elle ; lescheveux longs et noirs impécablement relevé sur
sa tête. Il était habillé d'une tunique de couleur marron et la regardait
en souriant étrangement : "- 0 noble étrangère, que fais-tu sur
mon territoire, me pilles-tu ? - Ah non, pas du tout. J'ai été prise dans
les sables mouvants alors que j'apercevais une oasis. Je suis tombée
ici ! Mais, qui es-tu? - Je suis le fils du dieu Kâ ; mais je suis
illégitime, alors mon père m'a caché ici. J'ai ordre de servir de sauveur
aux gens de passage qui sont rares, comme toi, alors parle et je t'obéirai.
Tu as le droit à deux souhaits." Hyacinthe médita un instant puis déclara
: "- Premièrement, je voudrais avoir
en ma possession l'herminette de cérémonie. - L'herminette ? Je te la donne, je m'en
sers habituellement pour tuer les serpents, les araignées et les scorpions
! - Ah, parce qu'elle ici ? - Bien sûr ! Deuxièmement...? -...je voudrais que tu me ramènes chez moi,
dans mon lit. -ACCORDE ! Hyacinthe se réveille, son père est là,
dans l'encadrement de la porte, un plateau repas à la main. Il n'a plus
l'air en colère. "- Dépêche-toi, on part en ville. - J'ai fait unrêve étrange..." |