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Le but de ma démarche est de mettre en scène
la dimension mystérieuse du marchand de sable. Il s'agit également
d'évoquer une certaine pudeur. C'est pour répondre à ces deux attentes
que le vêtement est réalisé dans un tissu satiné très souple, lourd
et très foncé (qui évoque une démarche féline silencieuse). Le marchand
de sable doit être en adéquation avec son milieu, la nuit. Le vêtement
enveloppe totalement le corps, masquant les mains dans des manches
évasées et très longues et dissimulant le visage dans une capuche.
La forme du costume est inspirée des vêtements japonais en référence
à un calme et une retenue traditionnels.
Cependant, le marchand de sable laisse apparaître par bribes des
indices de sa fonction. C'est dans ce sens que des éléments jaunes,
qui contrastent beaucoup avec le bleu nuit, nous laisse entrevoir
les prémices d'une double vie. C'est en dénouant un ruban placé
sur l'épaule que l'on peut, après qu'il ait suivi le rituel qui
consiste à dérouler le manteau qui masquait son corps et son visage,
voir la seconde nature du marchand de sable. On découvre alors avec
surprise une doublure jaune qui devient dominante sur le bleu mystérieux.
Le marchand de sable se réveille quand les autres s'endorment. C'est
dans la doublure qu'est dissimulée une petite poche de la largeur
de la main peu visible. Elle est intégrée à l'intérieur du vêtement.
Le sable n'intervient donc qu'après un rituel et le mystère est
entretenu jusqu'au bout. Le sable semble sortir directement du vêtement
afin de préserver le caractère magique du personnage.
Le marchand de sable apparaît donc comme un personnage mystérieux
et magique qui s'introduit chez les gens avec beaucoup de discrétion.
Il est solitaire, pudique et calme. Sa démarche est souple et lente,
il se fond à son milieu. Seule une personne sur le point de s'endormir
découvre la lumière qu'il abrite. Chaque nuit, il accompli son rituel.
Il n'apporte ni rêves, ni cauchemards, juste le sommeil qu'il distribue
avec parcimonie, laissant les hommes libres de leur esprit. Lorsque
les gens sont endormis, il les regarde un instant avant de disparaître
en fermant les yeux pour retrouver son Japon natal. Il ne laisse
aucun souvenir, préservant son intimité, car sa plus grande peur
est de devenir comme le Père Noël, surcommercialisé.
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