Mettez votre grain…
En quête du mot "sable"

"Tous les mondes ne sont que des grains de sable sur mon rivage",
Khalil Gibran, Le sable et l'écume, 1926, Mille et une Nuits, 2001

"Il y a dans les jardins zen de Kyoto un sable blanc à gros grains, qui a la propriété de refléter les rayons de la lune.",
Italo Calvino, La Collection de Sable, Points, Seuil, 1998
"Il m'a dit que son livre s'appelait le livre de sable, parce que ni ce livre ni le sable n'ont de commencement ni de fin.",
Edmond Borgès, Le livre de Sable, Gallimard (trad.),1975
"Toute la mémoire du monde est dans un grain de sable",
Edmond Jabès, Le Seuil, le Sable, Poésies Gallimard, 1990
"Nous sommes sortis à grand-peine de cet enfer; nous avons essuyé plus d'un échec; plus d'une fois l'épée du Goth, l'incendie du Mongol et la cavalcade du Hun ont détruit nos constructions comme si elles avaient été de sable".
Carlos Fuentes, Terra Nostra, Édition Gallimard, 1979 (Chapitre I, discours exhortatoire, page 144)
"- cette femme, c'est toi...Célestine? demanda le jeune homme assis dans le sable à l'endroit où les vagues viennent s'échouer, lorsque le page eut terminé son récit."
Carlos Fuentes, Terra Nostra, Édition Gallimard, 1979 ( Chapitre I, les cendres des ronces, page 147)
"Le seigneur se dit que si son visage existait encore, ne fût-ce que sous forme de poussière désintégrée mais reconstituable, ce serait le visage de la folie contemplant une chose qui n'eut jamais d'origine et qui n'aura jamais de fin; il se souvint de l'astrologue du palais, Fray Toridio, qui lui avait un jour parlé d'Éridou , le fleuve au sable lumineux qui coule dans le ciel sous les sceptres de Brandebourg, illuminant les astres et irriguant la tombe du Phénix; puis il se sentit tomber, du haut de ce troupeau d'étoiles flottantes, en gravissant la marche suivante et en voyant apparaître dans le miroir les profondeurs végétales d'une forêt où le soleil ne pénétrait pas, où les feuillages épais demeuraient immobiles, pétrifiés, archaïques, flore inerte que ne prit vie qu'au degré suivant devenant aqueuse, marine, mouvante, ondulante"
Carlos Fuentes, Terra Nostra, Édition Gallimard, 1979
(Chapitre I, Vie brèche, gloire éternelle, monde immobile, page 166)
"La mer a roulé par ces avenues :
demain le sable sous le pas des caravanes.
Alors l'archéologue dans les roches
confondra nos siècles et nos jours
et la conque d'un téléphone rouillé
ne lui livrera aucun secret
sur le bourdonnement de nos paroles."
Extrait du poème "Mémoire morte", Jean Tardieu, Le Fleuve Caché, Poésie/Gallimard, 1968
"Éléments d'une méthode de réconciliation
Pour saisir les objets sans qu'ils tombent aussitôt en poussière, il faut d'infinies précautions. Il faut surtout que l'esprit soit à jeun et que vous ayez longuement préparé en vous-même un vaste terrain vague, égal à l'indétermination du monde (...).
La vague de la mer, qui ne vit et ne brille qu'un instant, à vos pieds s'endort pour toujours, non sans avoir déposé comme offrande à vos sables un fragment de faïence noire qu'elle vient de cueillir dans une cuisine abandonnée.
Mais vienne le temps où, pour agir, vous sortez de votre inconsistance, où vous secouez les étoiles, l'eau, le sable, le vent mêlés à votre corps, où vous recomposez en vous la forme humaine par la force de l'habitude et du souvenir, où, terrible et fort comme les piliers d'un pont, vous marchez sur les apparences friables !... Alors, c'est la panique autour de vous : dans la terre d'un écrasement sans recours, il n'est pas une maison, pas un arbre, non, pas même la fourchette sans dents oubliée par un campeur le long d'un chemin vicinal, il n'est pas un seul de nos témoins sourds et muets qui ne redescende instantanément, par le puits de son désespoir originel, jusqu'à la nappe de l'indiscernable et de l'informe."
Jean Tardieu, La Part de l'Ombre, Poésie/Gallimard, 1972
AGRESSION COSMIQUE

Je ne suis qu'un grain de silice
Je ne suis qu'un grain de sable
Parmi tous ses rouages
Je ne suis qu'un grain de mica

Enfoui dans son entrecuisse
Je ne ne suis qu'un grain de limaille
Provenant de la lime
La perle d'eau dans son nombril

Je ne suis qu'une limace qui crevasse
Dans le plus profond des puits
Une colline qui secoue au fond d'un moule
Je ne suis qu'un grain de poivre

Le froment au goût de l'aiguille
Un magma qui dialogue avec le sédiment
Une roche noyée dans son fossé
Dont le grain de sel abrège tous les aliments."

Pascal KIN, extrait de Substance, Editions Publibook, www.publibook.com

Sec et doux
Amas, dunes et ergs…
Brûlant, même humide
La couleur dorée de ses grains fins…
Et l'on sent déjà la mer à ses pieds !
Louisa

La dune ouvre son paysage ocre
La douceur des grains chatouille nos pieds
Mais le vent nous cingle le visage
Le sable est un malin
Ludivine

On peut
Le laisser filer entre ses doigts
S'endormir dessus
S'y brûler les pieds
Ou regarder son immensité
Aux dunes infinies du désert
Lydie

Sable couleur d'or
Qui est tout doux et chaud
Sable qui me brûle les pieds
Je vais faire de toi un château…
Sevda

Je suis allongé sur une dune de sable blanc
Endormi, je rêve d'aller de l'autre côté du rivage où le sable est bleu
Je trouve une rose des sables sur le sol brûlant
Je traverse peu à peu la mer des sables mouvants
Je m'enfonce profondément… et voilà que je m'émerveille dans la tiédeur de mon lit !
Romain

S'enfoncer dans le sable sec
Au contact si fin, si doux, si chaud
Beige comme ma peau…
Littoral des mers de rêve
Envie de bronzer sur la plage
Karine

Sur la plage d'un beau rivage
Une vague ensevelit le sable chaud
Les coquillages caressés par l'eau
Courent à mille pattes sur le sable brillant
Cindy

Là-bas, le sable doux et fin accueille les œufs des tortues
Ici, la mer laisse des coquillages sur le rivage
On se bouscule sur la plage chaude en juillet
Et les châteaux de sable des enfants
Disparaissent en pleurant sous les vagues
Loïc

Couleur dorée et beige
Silence et sécheresse
Le soleil me brûle
J'ai trop chaud !
Sevai

Je suis debout au flanc de la dune
Je regarde cette mer de sable doré s'étendre devant moi
Au loin défile une caravane de nomades
Eux, savent sûrement s'évader de cette immensité aréneuse…
Lisa

Sable durci d'une rose beige fleurie sous le vent cinglant la dune
Sable blanc de la plage antillaise où se lisent les pas du plaisir
Sables mouvants de l'angoisse, sable fragile des châteaux d'enfants ou du temps qui s'écoule
Sable ridé des rivages où se prosterne au monde l'éternité déferlante de toutes les vagues.
Danièle

"Projet de classe de 5e du collège du Mont Saint Rigaud, à Monsols, sous la direction de leur enseigante lettres et Arts plastiques."

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